jeudi 15 avril 2010

[Pas une critique] Gorillaz - Plastic Beach

Attention, spoiler : Plastic Beach est un album complexe. Normalement, je vous mets juste la pochette et un clip pour faire une chronique, là, je suis obligé de mettre ça.


Ça, c'est un "sampler" mixant 8 des 16 titres de l'album, et probablement les plus représentatifs de ce capharnaüm. Dans l'ordre (avec position sur l'album), l'intro "orchestrale" (1), Superfast Jellyfish (6), To Binge (14), Stylo [premier single] (5), Rhinestone Eyes (4), On Melancholy Hill (10), Welcome To The World of The Plastic Beach (2) et Plastic Beach (13). J'ai mis les numéros de piste pour vous faire comprendre que l'album à encore moins de cohérence que ce mix. Oui, c'est le bordel. Et c'est autant le principal avantage que le plus gros inconvénient de cet album.

Je remets dans le contexte : je suis un grand fan de Gorillaz depuis le premier album. Le dernier en date, Demon Days était censé marquer la mort du groupe, en même temps qu'un de ses membres imaginaires (à savoir la gamine asiatique Noodle). Et subitement, y'a quelques mois, Damon Albarn annonce que le "groupe" sortira encore au moins deux albums : celui-ci, et la BO d'un film autour d'eux. L'explication à l'écoute de ce dernier album : l'idée de la fameuse Plastic Beach a dû inspirer Albarn si fort qu'elle a donnée à elle toute seule naissance à cet album.


L'idée de ce lieu paumée au milieu de la mer et fait de tas de détritus devient assez métaphorique de l'oeuvre qu'elle a inspirée. Pas que Plastic Beach soit une poubelle, mais il semble être fait de bric et de broc musicaux pioché ça et là ces quarante dernières années (avec une prédominance très 80's quand même) saupoudrée de guests allant de Snoop Dogg à Lou Reed en passant par d'obscurs chanteurs punk anglais ou leur vieux pote de De La Soul. Cet album reste néanmoins dans la dichotomie d'être à la fois l'album le moins imperméable, mais le plus difficile à accrocher de Gorillaz.

Moins imperméable parce qu'au bout de trois albums, on est quand même sérieusement en terrain connu et parce que celui-là est peut être plus constellé de futurs singles imparables (Stylo, Superfast Jellyfish, Rhinestone Eyes, les planants Empire Ants et On Melancholy Hill pour citer ce qui me semblent évidents). Plus difficile à accrocher, parce qu'aux premières écoutes, le globiboulga est franchement indigeste. L'enchainement du rap arabisant White Flag avec la cold-wave de Rhinestone Eyes puis le quasi "Gnarls Barkley's Crazy" de Stylo surtout, en tout début d'album, à tendance à repousser franchement.

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Faut-il sans doute comprendre le concept de cet album et fouiller dans Plastic Beach comme ces gens qui fouillent dans les poubelles de supermarché. À savoir mettre de côté les titres qui sentent le frelaté (d'après moi toujours, je citerais surtout Welcome To The World of The Plastic Beach et Sweepstakes) et se faire un festin du reste. Reconnaissant au moins à Gorillaz de proposer, encore une fois, quelque chose de frais, innovant et vraiment intéressant, hors des attentes actuelles. Et mes Dieux merci, de prendre le contre-courant de cette mode de la techno pourrie dans toute les sens (voir le premier extrait du prochain Scissor Sisters)...


Au final : y'a à boire et à manger sur la Plastic Beach. Moins abouti que Demon Days, l'album, au final plus pop, contient paradoxalement plus de pistes imparables. Un instantané intéressant d'une époque, et une nouvelle direction intéressante pour le projet de Damon Albarn, soit… Mais un bon album peut rester un Gorillaz décevant.

"Plastic Beach" de Gorillaz, 16 pistes (56:54) sorti le 8 mars 2010 chez EMI, 10€ - Lien Spotify

1 commentaire:

  1. Et bien... très pro ton commentaire et dans un style enlevé et agréable.Impatient de lire tes prochains commentaires .
    A bientôt pour de nouvelles découvertes sonores.
    VINCENT

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Ah ben voilà, quelqu'un qui veut commenter ! Ça fait plaisir. Allez, on va lire ce que tu as à dire. Ça a intérêt à être bon.