« - Mais cours bon sang, cours !
- Je fais que ça, bordel ! »
Et elle et lui couraient. Comme des dératés. Il trébucha dans le sable du désert qu’était devenue la campagne anglaise. Elle le fusilla du regard en le tirant par le bras.
« - Je t’ais dis qu’on était en retard, bon sang ! »
Il était encore écroulé dans le sable, essayant de reprendre son souffle en grognant de douleur. Ses poumons hurlaient pour lui demander pitié. Les grains brûlants semblaient s’être logés partout dans son système respiratoire. Et la frustration apporte la colère.
« - …Il doit être mort depuis longtemps ton vieux ! Tu crois quoi ! Elle date de quand sa putain de promesse !... Et on est en retard sur quoi… Fait toujours le putain de même jour ici… C’est toujours la putain de même heure… On va crever ici au lieu de vivre tranquillement au centre 19… C’était vraiment une… »
Il aurait bien du mal à finir cette phrase. Impossible de dire si c’était le coup de pied dans le ventre ou le fait d’être subitement relevé. Cette fille avait de la force en tout cas. Elle le secoua comme une poupée de chiffon, faisant tomber la poussière qui s’était collée à sa peau avec la sueur, avant de déclamer d’un ton lapidaire.
« - Je ne me répèterais pas, Dan, donc écoute moi et écoute moi bien, pour une fois. Un, il va arriver dans très peu de temps, je le sais. Et il n’attend pas. Il déteste ça. S’il doit partir seul, il le fera. De deux, si tu n’avais pas le crâne tellement rempli de sable visiblement, tu saurais qu’il reste d’autres moyens de connaître le temps, en se fiant à la position des autres astres. Alors, marque mes mots. Ou tu te lèves, tu cours, tu te la fermes et tu me fais confiance, ou je t’éclate le crâne à coup de pied et je te laisse effectivement crever ici. Tu as cinq secondes pour me dire si tu n’as pas compris un des mots que je viens de prononcer. »
Une brise de vent. Elle le lâcha avant de jeter un œil vers le ciel, puis droit devant eux sur la ville dévastée.
« - …Encore du temps perdu pour rien. On a plus le choix… Va falloir passer par le centre-ville… »
Il reprit appui sur ses jambes et commença à pousser un petit rire nerveux.
« - Le centre-ville… C’est… Du suicide… »
Elle lui rendit un sourire carnassier.
« - Je sais. Tu n’avais qu’à te dépêcher. »
Il se relevait entièrement enfin. La ville était à un ou deux kilomètres à peine, mais d’ici, on entendait déjà le bruit des maisons, des immeubles et des buildings qui s’écroulaient. Visiblement, ce monde n’arrêterait jamais de tomber.
« - Tu es prêt ? Il va falloir courir. »
samedi 3 avril 2010
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