Bon, j'hésite entre deux articles, un léger et un plus grave. Et comme je ne sais vraiment pas par lequel attaquer et que j'ai peu de temps ce soir avant de devoir aller trouver un maigre repos, on va faire comme tout grand chroniqueur qui se respecte ferait. Pile, Nolife et IG Mag, face, Guillon et Porte.
…Bon, ben on parlera de geekeries dimanche, alors.
Vous pouvez me traiter de parano, sans avoir foncièrement tord, d'ailleurs, très probablement. Mais voici une liste d'événements arrivés ces trois quartes dernières semaines. Voyez si vous repérez une sorte de… Mouvement.
Stéphane Guillon, célèbre chroniqueur du matin, se fait violemment redresser les bretelles par la direction de France Inter pour une chronique, certes violente, mais néanmoins juste sur le fond, envers le ministre Eric Besson. Outre quelques remarques subalternes sur son physique, la chronique expliquait surtout à quel point Besson avait, petit à petit, fait le jeu du front national ces dernières années et était, probablement, en partie, responsable de leur remontée aux dernières élections. Naturellement, Guillon n'y va jamais de main morte. Résultat : le président de Radio France, Jean-Luc Hess, s'est fendu d'excuses publiques. Fun fact : y'a quelques mois, Besson faisait un joli doigt d'honneur directement adressé à une caméra de Canal +... Où Guillon officie aussi.
Didier Porte, autre chroniqueur d'Inter, s'est pris un procès aux fesses par l'animateur producteur (acteur comique rediffuseur) Arthur suite à un papier dans le journal Siné Hebo. Porte s'hallucinait (à juste titre) que là où de très bons comiques tournaient sur des petites scènes depuis des années et des années, Arthur était arrivé à s'acheter une carrière avec les fonds de tiroir de Boon et d'Elmaleh. Porte reproche surtout à Arthur de se l'être acheté avec l'argent du service public, puis avec les émissions pourries d'Endemol.
Siné Hebdo justement, hebdo satirique se voulant en concurrence avec Charlie Hebdo et Le Canard Enchaîné, met la clé sous la porte après un an et demi. Le journal était notoirement vulgaire, assez violent et provocateur, mais ouvrait surtout une porte aux chroniqueurs qui ont été jetés des autres journaux, créant une tribune totalement libre. Qui va donc se clore dans quelques semaines avec trois procès aux fesses.
Et (bon, dans une moindre mesure) Jean-Marie Bigard, invité de Patrick Sébastien samedi soir sur France 2, a reçu une jolie lettre du CSA demandant de ne pas faire son sketch avant 22H et sans l'accompagner d'une signalétique "interdit au moins de douze ans", créant donc un intéressant précédent dans le domaine. Certes, c'était le (fameux ?) sketch du "lâché de salopes" (écrit par Laurent Baffie), mais tout de même.
…Encore une fois, je suis peut-être parano. Mais les trois premiers exemples surtout me font allumer un triple warning rouge clignotant. Certes on ne peut pas vraiment parler de censure pour l'instant, mais de tout temps, on a eu le droit à la parodie. C'est un droit qui remonte aussi loin que la Comedia Del Arte, que Molière, que La Fontaine, et même au Louvre vous trouverez des caricatures sur certains murs. Et non, elles n'étaient pas plus fines. Dans un univers médiatique comme le nôtre où nous sommes de plus en plus insensibilisés aux télés-réalités eugénistes, à la marchandisation de la mort et de l'amour, je ne vois pas trop ce qui serait choquant dans le sketch de Bigard, encore moins dans les caricatures de Porte ou de Guillon.
À moins, bien sûr, qu'on essaie de faire taire les voix qui gênent. Quand Guillon parle de la monté du FN ou des frasques de Dominique Strauss-Kahn, quand Porte allume Arthur sur ses salles vides ou sur les frasques de Sarkozy, et quand des gens comme Siné laissent tout ce beau monde l'ouvrir en faisant bras d'honneur aux patrons de presse sécuritaire, c'est encore plus efficace de les décrédibiliser en les attaquant à coup de procès ou de fausse indignation que de les censurer. Comme si ce qu'ils faisaient dépassait subitement les bornes. Alors que non, les bornes sont toujours les mêmes.
Ce sont juste certaines sensibilités qui ont évolué dans le mauvais sens. De plus en plus restrictives, dans le sens où un mot hors de ces clous "politiquement correct" peut désormais valoir licenciements ou cour d'assise…
Je ne sais pas. Je suis peut-être parano… Mais y'a quelque chose qui me gêne.
samedi 10 avril 2010
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