lundi 5 octobre 2009

[Pas une critique] District 9

Un gigantesque vaisseau alien arrive sur Terre, et plane au-dessus de Johannesburg. Au bout de trois ans, les humains forcent l'entrée du vaisseau. Ils trouvent des aliens faibles, affamés, visiblement venus sur Terre pour trouver refuge. Ils décident de les installer dans un camp de fortune. Trente ans ont passé, le camp de fortune et devenu un bidonville pour plus d'un million d'extra-terrestres, les humains de Johannesburg ne veulent plus des aliens par pur racisme. Un autre camp de tentes est construit bien plus loin. Seulement, la loi étant ce qu'elle est, même les aliens doivent se faire annoncer leur "déportation" vingt-quatre heures à l'avance. Donc une opération est mise en place pour leur faire "signer" un papier. Un bureaucrate un peu neuneu et bas du front est mis au commandes… Et c'est là que les ennuis commencent.

Et donc là, je suis censé débuter la partie "critique" à proprement parler. Mais ça va être plus compliqué que prévu. De cette intro, vous pourriez déduire que nous sommes face à un xième clone d'Idependence Day. En fait, District 9 est autant une fable touchante et magnifiquement écrite sur le racisme ordinaire et ses conséquences dramatiques qu'un film d'action vraiment énervé. C'est autant une histoire d'apprentissage du courage et de la valeur de la vie qu'un film d'horreur / thriller un brin trash. C'est autant un brûlot politique féroce qu'un des meilleurs divertissements de l'année.

Le talent de cette tentative de science-fiction réaliste étant sans aucun doute d'arriver si bien à nous attacher à son antihéros, à retourner constamment les lignes du bien et du mal, de l'égoïsme et de l'intérêt commun. De ce fait, le film tient en haleine de bout en bout, et on ne voit que rarement passer les pourtant presque deux heures que durent le film.


Je dis "que rarement" parce que c'est là qu'à mon sens se trouve le véritable point faible de District 9. Bien que produit par Peter "Seigneur des anneaux" Jackson, le film est la première réalisation d'un certain Neill Blomkamp, et malheureusement par moments ça se sent. Le début du film est réalisé et clairement évoqué comme si une équipe documentaire filmait un sujet sur cette évacuation et sa préparation caméra à l'épaule. Bien, l'idée peut être très séduisante. Mais quand ce procédé est gardé pour ainsi dire tout le long, en particulier dans des séquences où notre/nos héros sont forcément seul dans un coin, ça sent juste la fausse bonne idée.

Niveau maquillages (certaines prothèses en latex sont discutables), montage (les plans frénétiques c'est bien, comprendre ce qu'il se passe c'est mieux) et composition des plans, Blomkamp aurait sans doute pu faire mieux. Mais les effets spéciaux numériques sont extrêmement bien réussis, et avec un tel script en main, il pour un premier film, on est déjà en présence d'une petite pépite.


Au final : On sort de Disctrict 9 sonné, vaguement interrogatif, mais étonné de se rendre compte qu'il existe donc bien un cinéma à grand budget alternatif. Il y a une leçon sur l'humain dans ce film, pas dicté par une voix off, mais juste explicitée dans son histoire de A à Z. Rien que pour ça, et malgré ses lacunes évidentes, je ne peux que vous recommander chaudement d'y jeter un œil.

District 9, un film de Neill Blomkamp avec Sharlto Copley, David James, Jason Cope... (1h50) sorti le 16 septembre 2009.

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