J'ai envie de vous raconter une histoire ce soir. Mais je ne sais pas encore laquelle. Le problème, c'est que je ne suis pas capable d'écrire une histoire "normale". Faut toujours qu'elle tourne ironiquement, tôt ou tard.
Prenons l'exemple d'une de celle dont je suis le plus fier, un conte de noël que j'avais écrit pour le webzine du site Arcanes y'a presque trois ans (qui avait d'ailleurs été très joliment mis en page et illustré, page 1 page 2). Mmh, bon, je vais attendre ici le temps que vous la lisez si ce n'est pas encore fait. Bon, donc, voilà ma vision d'un conte de fées. Ça commence bien, ça se termine avec beaucoup d'ironie. Et c'est toujours pareil quand j'écris ce genre d'histoires. Une certaine Fleur Sauvage m'avait dit y'a quelques années que je ne suis pas capable d'écrire une histoire d'amour qui se passe bien ou se termine bien. J'ai quand même déjà poussé le vice jusqu'à faire tomber un toit de cathédrale sur la tête d'une prétendante d'un de mes personnages, for christ sake.
C'est bizarre je suppose de vouloir en parler si souvent juste pour dire "ça finit mal". C'est peut-être une envie de mettre d'éventuels lecteurs en garde contre le piège dans lequel je suis moi-même tombé. Sans doute aussi d'exorciser ces cicatrices d'histoires passées. Non, je n'ai pas encore fait leurs deuils. C'est con à dire hein ? C'est quelque chose qui ne passe pas, chez moi. Ce sont des choses gravées trop fort dans ma chaire et dont je ressens un trop grand manque, qui doivent forcément m'en éloigner.
Mais encore une fois, je suppose que ça rend ces histoires meilleures. Au fond, y'a qu'une façon d'écrire une histoire qui tourne bien. Y'a une infinité d'écrire une histoire qui tourne mal. Je suppose que c'est pour ça que beaucoup de cinéphiles conspuent les happy endings : elles sont trop prévisibles.
Ce qui me gêne vraiment au fond, c'est de savoir si je suis juste ironique par volonté de compliquer un peu la vie de mes chers personnages, ou si c'est juste... Être aigri de ne pas pouvoir les vivre vraiment. Parfois, je me sens comme un gamin qui construit un magnifique château de sable et, s'apercevant qu'il ne pourra jamais habiter dedans, décide au dernier moment de le ravager à grands coups de pelle dans les tours. Ca, ou le côté "ah, mes histoires se terminent toujours mal alors ? Ah d'accord, bon, les leurs aussi". Ou je reproduis juste ce que je connais.
Y'a une expression américaine qui dit qu'on écrit ce qu'on sait. Je pense qu'on écrit ce qu'on veut, au sens, désir profond du terme. Le monde imaginaire dans lequel on aimerait vivre, les histoires dont on voudrait faire partie, les ennemis qu'on aimerais vaincre, les amis qu'on aimerait avoir. On écrit plus facilement sa vie rêvée que sa vie actuellement, on écrit plus facilement ses espoirs fous que la banalité... Consciemment ou inconsciemment.
J'écris mieux en format court aussi, pour mettre juste des instants de vie. C'est comme ça que ce crée le mieux un univers pour moi. Des histoires de deux trois pages, ça permet de capter l'essence de quelque chose sans se lancer dans un pavé de 300 feuilles. Faudrait que je démarre une nouvelle fiction écrite à mettre ici, mais sur quoi...
Enfin, bref. J'avais envie de vous raconter une histoire ce soir.
dimanche 4 octobre 2009
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