dimanche 11 octobre 2009

[Pas des histoires] Permanent tear (wipe it away)

Tu jettes un oeil sur ta montre. Le milieu de la nuit ou presque. Tu fermes les yeux un court instant en poussant un soupir. Tu te lèves finalement de la chaise, ouvres la fenêtre et vas sur le ballon. Le ciel est plus noir que l'encre avec laquelle tu griffes ta feuille, à peine pointillé de quelques étoiles. Ça doit être une des dernières nuits de l'année où on les verra clairement. La lune est encore presque pleine et semble te regarder avec une certaine bienveillance.

Tu enjambes la rambarde et te poses dessus en sentant l'air frais te caresser le visage. Tes pieds pendent dans le vide. Personne à l'horizon. Tu regardes la nuit et tu comprends pourquoi elle a fasciné tellement de monde à travers les âges. À la fois si dangereuse et fascinante, à la fois si mystérieuse et attirante. Le monde moderne n'a pas encore pu trop pervertir le fait que la nuit est unique, toujours une invitation a l'inattendu, l'interdit, l'inhabituel.

Tu te dis que tu aimerais voler dans la nuit. Planer au-dessus des villes et des forêts pour voir ce qu'il se passe. Voyager aux quatre coins du monde en déployant tes ailes dans la nuit jusqu'au petit matin. Tes yeux se reposent sur la lune. Tu te demandes qui la regarde au même moment dans le monde. Dans les gens que tu connais. Dans ceux que tu aimes. Dans ceux que tu voudrais vraiment qu'ils pensent à toi en cet instant. Tu te dis que la prochaine fois, tu ne diras pas "bonne nuit", juste "regarde la lune, je penserais à toi".

Tu te demandes de combien d'événements elle a déjà été l'actrice principale. La lune est responsable des marées, c'est quelque chose de scientifiquement avéré. Le corps humain est fait à plus de trois quarts d'eau. Le "lunatisme" n'est pas une superstition, c'est une logique. Tu en viens à te demander même comment ça se fait qu'on a la chance d'avoir deux astres différents pour nous illuminer en permanence, qui travaillent en parfaite harmonie.

Tu restes ainsi pendant bien une demi-heure, avant que ton corps tire la sonnette d'alarme. Fait trop froid. Il est trop tard. Tu te poses trop de questions connes. Alors, tu te laisses retomber sur le balcon. Tu dis bonne nuit à tes petites amies de tes réflexions sur la vie. Et juste au moment de rentrer, les vers d'une chanson te reviennent.

"Don't live another day unless you make it count
There's someone else that you're supposed to be
Something deep inside of you that still wants out
And shame on you if you don't set it free"

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