Il y a... Des obsessions textuelles récurrentes dans mes écrits, je le sais. Mon thème de l'amour fatalement déçu, fatalement passionné, mais fatalement tragique. Il y a l'impression que nous vivons dans un monde de plus en plus endormi et engourdi. Il y a mon manque de confiance, fatalement. Il y a... Beaucoup de choses qui me piratent le cerveau dernièrement. Je ne veux pas faire mon artiste maudit de service. Ça va, dernièrement. C'est presque ce qui fait bizarre, je suppose, mais pas que. Je me sens un petit peu à cran. Je pense que ça se voit.
Ça n'est pas que quelque chose aille mal, encore une fois. C'est une sensation de solitude et d'incompréhension, je suppose. Surlignée par le fait que je n'arrive plus vraiment à m'ouvrir à mes amis et aux gens que j'aime. À force que me faire dire que je ne fais que gémir sur mon pauvre sort, je suppose que je me suis complètement refermé... Que voulez-vous, je n'ai jamais fait dans la demi-mesure.
J'ai eu une petite épiphanie, récemment, quelque part au fond du Jura suisse, sur ce à quoi je m'accrochais en vain. C'est incroyablement dur de bosser sur soi même quand même, surtout quand vous avez le sentiment que c'est ce que même vos amis les plus proches attendant de vous. Que vous changiez, ne serait-ce que sensiblement que vous évoluiez dans un sens qu'eux tous jugent bon. Je ne les blâme pas. Certains de leurs conseils m'ont apporté beaucoup. J'ai juste bêtement vécu ma vie avec ce vieux fantasme d'être "aimé comme je suis".
Ah ben tient, voilà qui arrive. Ça faisait longtemps. C'est marrant dans un sens je suppose, cette pseudo obsession permanente que j'ai de penser que l'amour va tout changer, tout nettoyer, tout guérir dans ma vie. Remarquez que jusqu'ici ça n'a pas été foncièrement faux, enfin presque. Ce sont les ruptures qui ont passé leur temps à me changer en profondeur. Mais bon, faut aussi voir que j'ai passé plus de temps à souffrir de la fin des histoires qu'à les vivres. Il est peut-être là le problème aussi.
Dans le fait d'avoir fait parfois confiance à certaines personnes au mauvais moment. Dans les ruptures, on rejette le plus souvent toute la faute sur l'autre, c'est sûr, mais ceci n'empêche. Je savais très bien que certaines histoires avec certaines personnes dont j'étais (/suis toujours) fou amoureux étaient vouées à l'échec désastreux avec graves conséquences sur mon exsistance avant même de les "commencer" à proprement parler. Pourquoi diable me suis-je fermé les yeux à ce point à ce fait, pourquoi l'ai-je oblitéré au point d'y croire un peu trop fort parfois ? Je ne sais pas. J'avais peut-être simplement très envie que ça marche. Peut-être je croyais que ça n'était qu'un faux reflet de mon esprit. Je voulais croire que tout irait bien, que cette fois-ci serait la bonne, que de toute façon, tous les films, tous les romans le disent : l'amour, c'est génial, ça change tout, ça fait les petits oiseaux voler, le soleil se lever, et c'est éternel.
Devinez quoi ? Les films et les livres mentent, et Cendrillon retourne draguer d'autres princes au bal même après son mariage. Je parie que ce vieux nazi de Disney ne vous l'avait pas raconté, celle-là. D'ailleurs, vous avez remarqué que ça n'arrive jamais dans les contes ça ? Que la fille aime un mec, l'épouse, puis va voir ailleurs ? Même dans les films. Quand ça arrive, c'est toujours que le deuxième mec est celui qu'elle aurait dû épouser depuis le départ, et le premier est le méchant qui l'a empêché. C'est jamais que le premier est celui qui aurait tout pu pour elle, mais que la princesse préfère se jeter dans les bras d'un pauvre con qui ne la mérite pas une seconde sous des prétextes à la noix.
Enfin, je digresse dans ma digression, je suppose. Je me dis parfois qu'il me faudrait un colloc, ou une. Même pas une colloc avec bénéfice, comme disent les ricains. Juste quelqu'un qui m'accompagne autant dans les départs en vrille que dans les moments où je rase le fond de la piscine. Quelqu'un qui me laisse la prendre dans ses bras de temps à autre juste pour me donner l'impression que je mérite encore ça. Quelqu'un qui peut me comprendre. Quelqu'un que je peux aider aussi. Aussi ridicule que cela puisse paraître... Je crois que je dois avoir le besoin d'aider les gens qui m'aident, que je me sens redevable envers eux.
Ouais, je sais, je fais ma psychothérapie sur le clavier et en public. Faut que ça sorte, d'accord ? Et entre le fait ici ou devant un psy qui ne me fera que des "mmh mmh" toutes les trois lignes, je ne vois pas la putain de différence. Là, je suis surtout en train de faire péter le putain de bouchon qui m'empêchait d'écrire ici depuis deux mois, d'écrire presque entièrement d'ailleurs. Ceci n'est pas un skyblog, ce qui ne veut pas dire que ce ne sera pas un blog quand j'aurais envie de m'ouvrir le bide à la hallebarde devant les gens de temps à autre.
Je me vois déjà me retourner sur ces lignes dans quelques mois/années en secouant là tête. J'espère. Cela voudrait dire que j'aurais trouvé la porte de sortie, qu'un tel comportement n'aura plus aucun sens pour moi. J'ai parfois le sentiment que je ne me sortirais pas du petit labyrinthe que j'ai dans ma tête. J'ai régulièrement l'impression d'avoir réglé mon plus gros problème, le problème, c'est que je viens de me rendre compte qu'une fois celui-là réglé, le suivant devient le plus gros problème, etc. Et vu la longueur de la liste, et vu ma tendance à la dramaéxagération, je ne suis pas sorti de l'aubergine.
C'est peut-être aussi juste pour me rassurer sur le fait que je suis entièrement conscient de tout ça. Bon sang, faudrait que j'arrête de dire des peut-être, des je suppose et des sans doute pour les choses que je sais et dont je suis sûr, j'ai déjà dû le faire cent fois depuis le début de ces mots. C'est comme faire la liste des courses de ma caboche, cocher le trajet étape par étape. Faut juste que j'arrête de m'illusionner sur le fait que ce sera réglé la semaine prochaine. J'ai besoin de retour, sur tout ça. J'ai besoin de me rassurer. J'ai besoin d'entendre des gens me dire qu'ils m'apprécient, qu'ils m'aiment, que je leur apporte un petit quelque chose...
C'est égoïste, comme demande ? J'ai un besoin de l'entendre régulièrement, parce que j'ai mal à le croire, parce que ça comble un trou en mot. Parce que jusqu'à trop récemment, je n'avais jamais entendu ces mots et que ça m'a manqué. J'ai un cœur que j'ai fait comme ça, qui se sert de ces petites preuves directes comme d'un carburant pour avancer, que quelques lettres bien agencées peuvent enflammer, réchauffer ou glacer à jamais. Voilà pourtant une chose que je n'ai pas envie de changer...
Je veux continuer d'avoir un cœur d'artichaut. De vivre pour et par mes sentiments. Je me trompe peut-être, mais je trouve ça tellement meilleur de mener son existence comme ça quand étant complètement éteint, froid et en fermant les yeux. Ca doit être bien plus dur je suppose, mais tellement plus beau parfois. Je parle souvent, même là, des sales moments, des petites souffrances que je vis, mais c'est pour mieux les étudier. Je sais qu'au bout d'un certain temps à les disséquer, à force de m'autopsier à chaque petite mort, je vais finir par en trouver les avantages et à apprendre comment en éviter les désagréments. Ça a déjà été le cas pour plein de choses jusqu'ici, que j'ai appris à apprivoiser, avec lesquelles j'ai appris à me réconcilier.
Et puis merde si j'ai pas été heureux mille fois dans cette putain de vie, et merde si ces bonheurs n'étaient pas mille fois plus forts que la pire de mes souffrances. Je ne sais pas pourquoi j'ai tellement de mal à les savourer, à me les remémorer parfois. C'est juste que c'est plus facile d'écrire sur ce qui déconne que sur ce qui va bien dans un sens... Non ? Je suis peut-être le seul dans ce cas. Je trouverais ça prétentieux, un blog rempli de "ma vie est génial, je suis un type mega bon, tout ce que je fais est extraordinaire". Enfin, tout est dans trouver un équilibre.
Vous êtes arrivés à lire jusque-là, c'est déjà pas mal, je dois dire. C'est d'autant plus ironique que ceux qui me connaissent n'ont pas dû découvrir grand-chose de neuf... Ce sont juste quelques lignes de catharsis à mon usage propre. Je ne leur donne même pas l'avantage de la sincérité, je me ments encore bien trop à moi-même pour ça. Peut-être celle de la franchise, et encore. Au moins celle de répondre à un besoin profond, d'avoir enfin laissé sortir le putain d'alien qui me dévorait le bide depuis quelques jours. Je suppose que... Je nie encore certaines évidences. Ça n'est pas une question de doute. Ce texte est presque inhabituel pour moi, vu le chemin parcouru ces derniers mois.
J'ai besoin d'oublier certaines choses assez récentes qui me restent encore gravées un peu trop fort pour mon bien. Une tentative d'exorcisme, voilà l'analogie que je cherchais. Tuer des vieux démons une bonne fois pour toutes, reculer en voyant leur corps pourrir et passer à autre chose. Histoire de pouvoir enfin avancer, même si c'est pour retomber dans le même piège trente mètres plus loin. Laissez moi croire que le bonheur, le vrai, arrive, si j'en ai envie, quitte à me reprendre une tôle dans quelques minutes et à vous "obliger" de ramasser les morceaux de moi qui joncherons le sol dans la foulée. Au moins, j'aurais un peu cru. Et je continue de croire que c'est mieux que rien.
Ceci étant dit, retour au cours normal des émissions.
dimanche 20 septembre 2009
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Je t'aime tel que tu es, mon cher ami.
RépondreSupprimerAprès je ne vais pas te faire la quote de la chanson à laquelle je pensais, au sujet d'exorciser les vieux démons une fois pour toute, tu me connais... il y aurait de quoi désespérer.