dimanche 20 septembre 2009

[Pas une critique] Muse - The Resistance

Muse, donc. Quasi clôturant une année placée sous le retour collectif de toute une série de groupes/chanteurs emblématiques d'une certaine scène dite alternative, après Franz Ferdinand, Depêche Mode, Indochine, Marylin Manson, Placebo, Kasabian et AC/DC entre autres, et avant Rammstein bientôt. Au moins, 2009 nous aura apporté la quantité. Pour la qualité malheureusement, "The Resistance" est assez symptomatique de la nouvelle mode qui visiblement est la norme musicale : au mieux, la flemme, au pire, le formatage NRJ.


Si "Black Holes And Revelation" il y a (déjà !) trois ans avait dérouté les fans de la première heure, cela ne va sans doute pas s'arranger cette fois. Pas que ce dernier fut foncièrement un mauvais album après tout, avec l'imparable single "Starlight" droit pour la FM et le détonnant "Knights Of Cydonia" en attraction principales. Juste insuffisant au vu de ce à quoi Muse nous avait habitués sur des chefs-d'oeuvre comme "Origin of Symetry". Et malheureusement, cette fois, c'est la même chose en pire. Et par là, je veux dire que ce nouvel album suit son papa au degré de George Bush.

Tout ou presque sur "The Resistance" sent le déjà écouté jusqu'à la nausée. "Undisclosed Desires" est une chanson de Depêche Mode. Je n'ai pas dit "ressemble à". J'ai dit "est une". Je suis certain que ce bon vieux Mathiew à retrouvé une partoche à Dave Gahan dans un coin du studio et à décidé de lui la piquer. Puis viennent "United States of Eurasia", photocopie du Bohemian Raphsody de Queen, "Guiding Light" avec ses airs de Keane sur la voix de Matt, "Unnatural Selection" qui se rapprocherait le plus d'un titre à la "Bliss"... S'ils s'évitaient cette base mélodique guitare / batterie au rythme emprunté aux Artic Monkeys.



Je pourrais continuer comme ça sur chaque track de l'album ou presque. Chaque passage fait penser à quelque chose, donne une impression de déjà vu sinistre. Le pire étant peut-être que ça n'est même pas le plus gros défaut de cet album. Non, c'est de loin la prétention qui découle l'écoute de cet opus. Le summum étant atteint quand Mathieu massacre un air de l'opéra "Samson et Dalida" sur fond d'une musique tout juste digne d'un épisode des feux de l'amour en meuglant "Rippons Zaah Mah Tandrééééééseuhhhhh". Muse donne une folle impression de croire que c'est arrivé, de se prendre pour les Pink Floyd de l'an 2000, et vu la médiocrité de certaines de ces pistes, c'est à la limite de l'apeurant.

Pour autant, tout n'est pas à jeter dans "The Resistance". "Undisclosed Desires" à beau être sous influences, ça n'en reste pas néanmoins un futur single imparable qui risque de faire du airplay sur les radios. Il y a, çà et là, quelques éclairs d'espoir à travers ces titres. Mais c'est surtout la grande symphonie finale en trois parties, "Exogenesis", qui sauve l'album du crash complet, et qui le rapproche des meilleurs morceaux d'un "Absolution". Muse assume son côté symphonique, exubérant et grandiloquent jusqu'au bout, ses emprunts au classique et ses prétentions, oublie le formatage et réussi enfin a réveiller une oreille au bord du coma total.


Au final : si on est clairement loin du chef-d'œuvre, "The Resistance" reste un album qui se laisse écouter assez agréablement de bout en bout, principalement grâce à un final donnant une bonne impression. Mais devant le manque de surprise qu'il offre, forcé de constater que Muse gagnerait quand même beaucoup à se refermer un peu plus sur eux-mêmes pour revenir dans l'esprit des premiers disques où ils semblaient bien plus influencés par un groupe pas mauvais du tout : le leur.

"The Resistance" de Muse, 11 pistes (53:56) sorti le 14 septembre 2009 chez Warner Music, 15€

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