jeudi 31 décembre 2009

16/2009

Ben voilà, fallait juste être patient. Aussi sûr que le fait que le p0r|\| softcore avec les na'vi d'Avatar allait finir par débarquer sur Deviantart, j'allais bien finir par revenir pour la saison 3. Enfin, normalement. Je suis un peu occupé à avoir de nouveau seize ans en ce moment, et je vous invite tous au passage à faire de même. Oui, comme la tradition l'exige, le post de début de saison est revendicatif, je n’y peux rien, c'est ma nature. C'est quand je gueule que ça va. Le reste du temps, voyons les choses en face : on est juste léthargique.

Alors oui, j'aurais pu de nouveau m'énerver sur le désert culturel français (français, pas mondial comme me le rappelle gentiment Spotify, mais ça, on y reviendra en janvier), sur l'oppression consumériste permanente ou sur les héros d'une certaine contestation artistique passée qui sont même plus fatigués, juste au bout du rouleau. Pouf pouf. J'aurais pû et ça n'est sans doute même pas exclu que je finisse encore par m'énerver un peu sur tout ça, mais franchement à l'heure actuelle, je réclame le droit à l'insouciance. Au fait de se comporter comme des andouilles tout juste pubères pour les 60 ans qui viennent si ça nous chante. Sans déconner, quelqu'un va venir nous la simplifier cette vie ? Nous aider à vaincre les obstacles, passer outre les difficultés suffocantes par pur altruisme, en nous permettant de nous évader ?

C'est bien ce que je pensais. Alors, on va le prendre. Oui, je réclame le droit à trente piges d'aimer les dessins animés et les films gnangnan, d'aimer croire que la magie et le surnaturel existent, d'aimer grignoter des friandises et des pizzas, jouer à des jeux vidéos, tomber amoureux toutes les vingt minutes, regarder des conneries à la télé, écouter de la pop et beugler comme un malade sur du bon métal, trainer sur des forums de jeu de rôles, rêvasser, ne pas passer chaque milliseconde de mon existence devant des tableaux Excel à me demander ce que Berthier et Marie-Elise de la compta au 5e étage vont dire si le bilan prévisionnel ne leur arrive pas avant 16h15. ET JE VOUS EMMERDE.

(Ce "je vous emmerde" s'adresse bien sûr à tous les vieux cons de service qui s'imaginent que c'est ça la vie. Que le bonheur n'est atteignable qu'en se rangeant définitivement à 22 ans, arrêter les conneries, rentrer à Science Po ou en école de commerce, s'acheter une putain de Laguna Brake et passer les années suivantes à attendre que le temps passe avec des gamins et une femme qu'on aime déjà plus, mais qu'on ne détestera jamais autant que soi même, en regardant le pognon et les regrets s'accumuler. Faites pas cette tête, on en connait tous des comme ça, ou majoritairement comme ça. Et oui, je le redis : vous, les démissionnaires de la vie, vous qui avez oublié votre grain de folie, votre part d'enfant, tout ce que vous êtes en cours de route, je vous emmerde profond.)

Peut-être que je m'emporte tout seul, que je paranoïate, mais j'ai vraiment l'impression qu'à travers des tas de choses (journaux, politique générale, éducation), on essaye de nous imposer le plus rapidement possible d'être sérieux, discipliné, de tout faire dans les clous. Que c'est la seule manière d'arriver à quoi que ce soit. Qu'on soit clair, je n'appelle pas à l'anarchie. Je n'ai pas la prétention de tout savoir de la vie, je ne suis pas à ce point. Je sais qu'on n'a pas forcément le choix, faut un boulot, faut payer les factures, faut bien vivre. Mais hors des obligations, on a le droit d'exploser. On a le droit de frôler les lignes en permanence. D'être toujours au bord du pétage de plomb, et de les péter de temps à autre.

Réfléchissez bien aux plus beaux souvenirs de votre vie. Ce ne sont pas des moments de ce genre ? Où les choses ont déparées, n'ont pas été comme prévu ? Où vous avez frôlé le bord de si près que vous avez eu un petit avant-goût de ce qu'il y avait au-delà de la route de briques jaunes ? Qui à décrété que ça ne pouvait pas être Noël tout les jours ? Le même qui a dit qu'il fallait travailler plus pour gagner plus ? Oui, il peut être joyeusement adjoint à la liste de tout à l'heure, et même en prendre la tête.

C'est chiant de grandir. C'est chiant, la vie des grands. Alors, collaborer autant qu'on y soit obligé, soit, d'accord. Mais l'accepter...Je choisis le luxe et l'opulence de profiter du fait de vivre dans un endroit et un temps qui me permet de dire non. Ça vous choque de voir des gamins avec des fusils ? Pourquoi ? Parce qu’un facteur x ou y les oblige à sauter des étapes, à jouer aux adultes trop vite ? Alors pourquoi vous avez l'air si pressés d'y aller ? Accordez-vous ça, ne serait-ce que cinq minutes par jour pour commencer. D'essayer de retrouver le gamin en vous. De l'écouter un peu. Et de faire ce qu'il vous dit.

Accordez-vous la cure de jouvence ultime, gratuite et sans ordonnance. Avoir seize ans à jamais.

2 commentaires:

  1. Pas de bouton Like sur ce blog ? Hein, quoi, moi accro à Facebook, nan même pas vrai. Ahem. Bref, donc s'il y en avait un, je sauterais dessus à pieds joints ! Et plusieurs fois pour être sûr !
    Bravo en particulier pour les paragraphes 3 et 4, que je pensais mot pour mot, même pas cinq minutes avant de venir ici (en particulier le passage "vieux cons de service", j'me comprends...) !
    En tout cas, merci !

    RépondreSupprimer
  2. #rule 34 aura ma santé mentale, omg xD

    Je crois qu'internet est aujourd'hui l'espace où justement on peut se permettre d'être peu ou prou ce qu'on veut. Avoir 12, 16 ou 42 ans ♥ (et plus si affinités, si soyons pas radins)

    Par exemple on n'a pas de contre-pouvoir en France aujourd'hui, mais sans les buzz internet (et les gens un brin adultes derrière) on aurait potentiellement un fils de à la tête du développement du quartier le plus riche d'Île-de-France (Prince Jean si tu me lis...)

    Certains en profitent pour jouer à des trucs débiles pour se défouler et s'aérer le neurone aussi (je confesse personellement aimer passer de temps en temps des nuits en Azeroth, ne me jetez pas la pierre Pierre). Mais le fait est qu'internet me sauve la vie régulièrement ♥

    Je sais pas si on nous impose d'être sérieux. Je crois même que non. Un consommateur fébrile et angoissé n'est pas quelqu'un de sérieux. C'est pour ça qu'internet c'est grand, c'est rond, c'est bien : on peut toujours changer de page, chercher ailleurs, lancer google et zouh ! Contrairement à la télé par exemple où on à le choix qu'entre ce que les chaînes ont choisit de diffuser.

    Socialement peut-être uitre, genre il faut avoir le permis, un taff et un mari/une femme, dans la foulée des trolls etc. Parce que c'est la structure familiale intégrée comme normale. Parce que ça "fait" sérieux, mais ça l'est pas :) C'est de l'apparence, du semblant, de la surface de sériosité huhu

    Si ces gens là étaient vraiment sérieux déjà, ils auraient pas d'enfants lalala ♫

    (Tout ça pour dire que je compatis, moi aussi ça m'exaspère)

    RépondreSupprimer

Ah ben voilà, quelqu'un qui veut commenter ! Ça fait plaisir. Allez, on va lire ce que tu as à dire. Ça a intérêt à être bon.